Archives de catégorie : Édito

Applications mobiles : Entre flexibilité et captivité

À une époque où les applications mobiles régissent notre quotidien, il est essentiel d’examiner les conséquences potentielles de cette dépendance sur notre autonomie, en particulier à l’aune de l’accessibilité numérique. Si ces outils offrent une commodité sans précédent, ils peuvent également présenter des défis significatifs. En explorant quelques cas récents ayant marqué l’actualité, nous mettrons en lumière les écueils que cette dépendance est susceptible d’engendrer en l’absence d’alternatives. Continuer la lecture de Applications mobiles : Entre flexibilité et captivité

Capsule du 21 avril 2024 : Le paradoxe de l’audiodescription

Salut les amis,

Dans ce billet d’humeur sous forme de capsule dominicale, je vous propose une petite plongée dans l’univers complexe de l’audio description, entre frustration et espoir, entre accessibilité et incompréhension. Un regard sans filtre sur un aspect souvent négligé de notre expérience audiovisuelle. Continuer la lecture de Capsule du 21 avril 2024 : Le paradoxe de l’audiodescription

Bibliothèque Nationale de France et accessibilité numérique

La Bibliothèque Nationale de France, outre son site, offre des pages web telles que Gallica et RetroNews.
Que pensez de l’accessibilité numérique de ces pages web et des applications correspondantes pour les appareils « Mobil » ?

S’il est fait référence aux appréciations des différentes déclarations d’accessibilité, il serait plus judicieux de parler d’inaccessibilité lorsqu’il est évoqué, pour les pages web de Gallica, un chiffre 39,69% par rapport au RGA. (audit du 8.12.2022).
Si, une « hirondelle ne fait pas le printemps », l’avis du modeste utilisateur que je suis ne saurait être, forcément, digne de fois. Aussi, plus nombreux seront les avis, meilleure sera la conception des sites en question. Il en va de l’accès à la culture pour toutes et tous.
Il est regrettable de constater que les développeurs de projets informatiques n’intègrent pas nativement à leurs créations les données d’accessibilité. L’adaptation « a posteriori » des pages web retarde et complique le fonctionnement des éditeurs vocaux, notamment lorsqu’une mise à jour est opérée.
Comment justifier l’existence de boutons non labellisés, de liens qui ne peuvent être validés? L’utilisateur déficient visuel ,avant d’incriminer le site sur lequel il se trouve, se remet en cause car il est possible que le dysfonctionnement soit en rapport avec une insuffisance de connaissance ou avec un matériel inadapté suite à une mise à jour.

Parmi les déficients visuels ,qui n’est pas conscient que une accessibilité intégrale n’est pas encore d’actualité mais qui peut réfuter que les applications d’OCR sont en mesure d’offrir des reconnaissances d’une grande précision, même lorsque la numérisation a été opérée de manière automatique.
Combien d’articles devraient pouvoir bénéficier d’une nouvelle numérisation pour offrir des ressources dignes d’une Bibliothèque Nationale.

Par expérience, je peux affirmer que la navigation sur les sites de la bibliothèque est, pour le moins, compliquée et très souvent à l’origine de frustration.
Lorsque des outils d’aide, des tutoriels sont développés à l’usage des voyants, comment comprendre l’absence de ces outils pour les personnes ayant recours aux éditeurs vocaux. La présence de tels outils permettrait aux concepteurs d’être confrontés aux insuffisances voire aux manquements de leurs créations.
Si vous avez eu récemment recours aux pages web de Gallica ou de RetroNexs, je vous invite à partager vos expériences au travers du fil de commentaire relatif à cette publication sur Edencast.
Ce 9 Mars 2023, j’ai la possibilité de faire remonter aux intéressés, à l’initiative de la responsable des publics en situation de handicap, les dysfonctionnements répertoriés lors de mes navigations sur les différentes pages web.
N’hésitez pas à nous faire savoir vos difficultés pour accéder aux ressources recherchées.

André Bréant

Edito : Les synthèses vocales françaises d’Apple se dégradent, agissons ! (Màj)

Bonjour à tous.

mécontent de la dégradation des synthèses vocales des produits Apple, j’ai lancé avec quelques amis une action commune pour que le département accessibilité de la firme nous entende. Elle se compose de deux textes identiques, le premier en français, à l’usage des non anglophone, dans l’unique but de faire comprendre à tous la version anglaise de ce même texte, la plus importante, car destinée à être envoyée par mail.

Version française (traduite)

Chère équipe Apple.

Grâce à VoiceOver, vous êtes devenus des pionniers en matière d’accessibilité dans le domaine de la téléphonie et de l’informatique, et Toute la communauté des aveugles et mal-voyants est reconnaissante pour cette prouesse, mais hélas, il semble que les déficients visuels Francophones aient été laissés pour compte au fil des années.
En effet, depuis iOS13, la version Française de VoiceOver a commencé à mal prononcer certains mots, et même les chiffres dans les cas des voix Siri.

Dans iOS 16, vous avez ajouté Eloquence à votre panoplie de voix, je sais que certains utilisateurs l’ont demandé, et c’est une bonne chose de les avoir satisfaits. Mais d’un autre côté, il manque à d’autres utilisateurs des voix humaines et naturelles principalement pour une lecture agréable de livres et de longs textes, à l’instar des voix Anglophones qui ce sont beaucoup améliorées.

Je suis conscient que les utilisateurs français constituent une communauté minuscule par rapport aux anglophones, mais Apple est censée offrir le même service à tous ses clients n’est-ce pas ?
C’est pour quoi nous comptons sur vos efforts pour mettre les voix Françaises au même niveau que vos voix Anglophones.

Sachez en outre que le message que je vous envoies sera également diffusé sur mes réseaux sociaux.

Avec mes salutations distinguées.

Mise à jour du 23 septembre : Apple a fini par véritablement entendre nos doléances et s’est engagée à faire le nécessaire. Pour plus d’informations, veuillez consulter le communiqué inhérent.

Lettre ouverte aux organisateurs de l’Étude Homère

Madame, Monsieur

J’ai répondu ce dimanche 27 Mars 2022 à l’enquête intitulée « Homère «, sur la déficience visuelle.
Je m’interroge sur la portée des réponses fournies au questionnaire et sur l’analyse des données dégagées et de l’appréhension de ma qualité de vie de déficient visuel.

Lors du lancement de cette étude en région Bretagne et Val de Loire, un intervenant a donné des détails sur la méthodologie de cette enquête.
Il ressort que la constitution de groupes d’âge de déficients visuels a permis de répertorier des séries de questions, de sélectionner les plus pertinentes puis de les intégrer à un questionnaire.
La présence de passerelles permettra aux analystes de regrouper les données et, sans doute, d’appréhender la vie au quotidien des déficients visuels.
Lors de cette conférence de lancement, des résultats préliminaires ont été communiqués, ils portaient sur l’analyse des données se rapportant à la scolarisation des enfants au primaire et au collège.
Il est regrettable qu’aucune information n’ait filtrée sur les données découlant des “ Seniors” puisque les personnes touchées par la dégénérescence maculaire seraient majoritaires.
L’ambition de cette étude dite « Homère » est d’apporter une base de données à une structure qui serait un observatoire de la déficience visuelle.

Pourquoi ne pas s’être concentré sur le recours aux aides techniques car, si il existe une répertorisation des pathologies de l’oeil, le déficit sensoriel se traduit par des anomalies fonctionnelles qui réclament leur substitution par des aides techniques.
Suivant le nombre d’aides techniques utilisées, il aurait été possible d’évaluer la gravité fonctionnelle du handicap.

Il existe des passages obligés dans l’évolution de vie du déficient visuel, ce sont:
la prise de conscience de l’anomalie visuelle
-le diagnostic et la prise en compte de la déficience visuelle,
-le recours aux différentes aides techniques.
-les aspirations de chacun qui conditionnent son adaptation fonctionnelle à son handicap , selon son âge, ses capacités personnelles.

Pour parvenir à ces différentes intégrations que sont celles au milieu scolaire ou universitaire, au monde du travail, aux activités culturelles ou sportives, le déficient visuel a un besoin commun ,à savoir le libre accès à l’espace public et aux transports en communs.
Sans cette liberté, à quoi bon faciliter les autres intégrations.

Catégoriser les aides techniques en fonction de l’aide apporté:
1)lecture et écriture.
-Loupe électronique, -agrandisseur, – Braille intégral ou abrégé, -Machine à lire, -synthèse vocale, -plage tactile braille
2)locomotion
canne blanche, chien guide, synthèse vocale..

Ainsi, à la question « prépare et prend seul ses médicaments » il aurait été opportun de savoir si le déficient visuel se sert d’une loupe, de l’inscription braille ou d’une synthèse vocale intégrée à un smartphone ou le recours à des « tags’.
Une question similaire aurait pu concerner l’identification d’un produit ménager ou alimentaire.

Les déplacements en transports en commun (bus, métro..) semblent ne pas avoir reçu toute l’attention voulue notamment les annonces vocales.
Souvent, elles font défaut et, parfois, ne fonctionnent pas, Pourquoi?

Quelle conclusion tirer à la réponse négative au sujet de l’utilisation d’un ascenseur? “Pour ma part, je ne me retrouve jamais seul dans un ascenseur afin d’éviter d’être confronté à un incident mécanique.”
En effet, l’autonomie du déficient visuel se trouve contrariée par la présence d’un éventuel contre-temps qui viendrait contrecarrer son autonomie.

Dernièrement, j’ai souhaité consulter, par le biais d’internet, les ressources d’une bibliothèque appartenant au Réseau Francophone Numérique mais, j’ai constaté que les documents scannés étaient illisibles par la synthèse vocale du Mac (système d’exploitation Big Sure).

Quel ressenti à propos des bandes d’éveil et de vigilance? Pour ma part, je considère que ,pour leur implantation, recourir à un professionnel de la locomotion faciliterait l’efficacité de ces aides podotactiles.

Ce sont leurs présences ou leurs manquements qui permettent d’affirmer la qualité de l’insertion des déficients visuels dans la Société française.

Lorsque j’exerçais mon activité de Masseur-Kinésithérapeute en libéral, j’ai toujours apprécié de pouvoir:

-bénéficier de la disponibilité d’un script informatique établi par Serge Daniel de « cecilog » pour rendre accessible le logiciel ‘kinépratic » de gestion du cabinet. Je ne sais si l’Agefiph était partie prenante dans cette prestation.

– participer chaque hiver au stage de ski de fonds organisé sous l’égide de l’INI.

Une fois à la retraite, « CeciMac » ou « Edencast » m’ont permis de compléter ma maîtrise de l’informatique.
J’aurais souhaité pouvoir recourir à une plage braille mais son coût m’a bloqué dans mon achat.
Il est bien évident que de telles initiatives réclament des ressources en personnes qualifiées et des fonds mais les idées ne manquent pas pour mettre en place de telles assistances.
Ce qui fait, le plus souvent défaut, c’est le dynamisme des associations dites « représentatives »que leur lourdeur administrative pénalise.
Je suis étonné d’apprendre que l’Association Valentin Haüy et la Fédération des Aveugles et Amblyopes ont découvert au cours de cette étude le plaisir d’échanger. ensemble.

A soixante quinze ans passés, mes aspirations se limitent à réclamer une meilleure accessibilité dans les transports en commun et sur la voie publique mais également en informatique.
J’observe le peu de considération des pouvoirs publics (Commissariat de Charenton, Tribunal de Créteil )à l’égard d’un courrier adressé en braille même si il est accompagné de sa transcription.
Vers 1990, un courrier en braille transmis isolément faisait l’objet d’une transcription et d’une réponse circonstanciée de la part de son destinataire.

Je regrette que cette enquête n’interroge pas les sondés (es) sur leur perception:
– des associations représentatives des déficients visuels (les)
Pour ma part, j’ai constaté que les plus importantes dépensaient beaucoup d’énergie à récolter des fonds mais qu’elles étaient moins énergiques dans leurs interventions sur l’accessibilité des déficients visuels (les) à l’espace public ou aux outils du numérique.
– de la commission Communale d’accessibilité » , théoriquement, chargée d’entendre les aspirations des administrés en situation de handicap.

J’espère que ces quelques observations pourront servir à l’occasion d’une prochaine enquête.
Je vous prie, Madame, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

André Bréant

P.S.: Ces observations ne doivent pas être un frein à votre participation à cette enquête où la barre d’espace (validation des options) et la touche « entrée » (validation de « suivant) permettent de naviguer dans le questionnaire.
Pour la date de naissance, pensez à insérer un point entre la date, le mois et le millésime.