Lecture : On ne voit bien qu’avec le cœur, de Maria Doyle

Comme la lecture est un thème récurrent sur Edencast, je profite de cet espace d’expression pour vous proposer une petite critique d’un livre qui m’a été recommandé par une amie bien voyante.

Résumé

Ce livre nous relate le destin étonnant d’une petite Irlandaise issue d’une famille misérable qui perd la vue à l’âge de 9 ans et décide aussitôt que son handicap ne l’empêchera pas de réaliser ses rêves, même les plus fous.

Portée par l’exemple de sa mère qui a su résister à ce que l’Irlande des années 60 a inventé de pire – les foyers-prisons pour filles-mères –, Maria n’est pas du genre à se laisser abattre. Après s’être échappée à 10 ans de l’institut pour aveugles dans lequel elle étouffe (et avoir parcouru plus de 40 kilomètres à pied pour rejoindre la maison de ses parents), Maria finira par réussir à tenir le rôle principal d’une comédie musicale, à représenter son pays à l’Eurovision, à partir en tournée aux États-Unis, jusqu’à ce qu’un producteur, furieux de la voir résister à ses avances, mette un terme à sa carrière musicale. Sélectionnée parmi  » l’une des dix plus belles femmes d’Irlande « , Maria Doyle nous raconte aussi ses amours surprenantes avec une star de la chanson suédoise et un missionnaire mormon. Et, comme elle veut une famille et ne fait pas les choses à moitié, Maria aura 7 enfants en 15 ans. Mais comment élever une famille nombreuse, quand on est aveugle ?
Avec humour, Maria nous parle de son quotidien de mère au foyer pour le moins atypique. Une autre façon de témoigner que tout est possible.

Lumineuse, drôle et émouvante, Maria nous fait vivre le choix qui a changé son destin : plutôt que de laisser la maladie gagner et de se lamenter sur son sort, elle a décidé de se battre pour faire de ses rêves une réalité. Si, elle, aveugle, y arrive, pourquoi pas nous ?

Critique

À travers ces pages, nous suivons la vie de Maria. Elle fait un retour dans le passé de sa famille afin de poser le contexte à la fois familial et de l’Irlande du Sud d’après guerre. Nous suivons la vie de sa maman et ainsi nous apprenons l’histoire de sa conception et l’origine de sa maladie. Les 9 premières années de sa vie, c’est une petite fille pleine de vie, déjà avec son petit caractère qui vit dans la pauvreté extrême (Ne mange pas à leur faim, n’ont pas d’eau chaude ou de quoi se chauffer…).

Lorsqu’elle apprend qu’elle deviendra aveugle, nous sommes au milieu des années 70, avec encore ces institutions gérées par des religieuses, où les aveugles ne peuvent qu’être standardistes, ce n’est pas imaginable qu’elle puisse avoir une famille etc. Mais Maria décide au contraire de faire de ce handicap sa force et ainsi de prouver tout le contraire à ces médecins. Première preuve, son incroyable fugue, sans même avoir eu de séances de locomotion, est-ce que cela existait à ce moment-là ? Elle trouve d’elle-même ses repères, s’aide naturellement du toucher (ses mains, ses pieds), de ses oreilles et garde toutes ses images visuelles d’avant en elle. D’ailleurs, adulte, à aucun moment elle ne parle d’aide venant de services spécialisés en France, utilise une canne blanche très tardivement. Son peu de reste lumineux lui sert énormément malgré tout.

Elle insiste beaucoup sur sa carrière de chanteuse, le fait qu’elle ne voulait pas que l’on sache qu’elle était aveugle, pour ne pas recevoir en retour de pitié, être égal aux autres. À la fois elle ne veut pas s’adapter à son handicap et en même temps dit que c’est un cadeau parce que sa vie ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

L’on regrettera le fait qu’elle insiste beaucoup sur cette carrière de chanteuse, et rentre finalement peu dans les détails de sa vie en tant que maman de 7 enfants avec un handicap visuel, seulement à partir du chapitre 13. On aurait aimé connaître plus les astuces qu’elle met en place, des adaptations particulières (marquages en relief, choix d’un matériel plus qu’un autre…) Comment elle fait concrètement les choses, qu’est-ce que c’est une organisation militaire ? Même si on comprends que beaucoup de choses se font à l’instinct, qu’elle ne sait pas toujours l’expliquer, notamment lorsque sa fille qui a faillit s’étouffer, elle a su alors que son mari voyant qui était là, n’a pas vu… Elle nous fait partager de petites anecdotes rigolotes qui peuvent arriver lorsqu’on ne voit pas et qui font sourire. En revanche, on sent les mêmes interrogations que tous parents (voyant ou non d’ailleurs) à la fin de sa première grossesse.

En conclusion, ce livre est un témoignage d’espoir pour tous ceux qui manquent de confiance en eux, qui doutent, qui s’apitoient sur leur sort, sachez que rien n’est impossible ! Néanmoins, j’aurais aimé plus d’informations concrètes sur ce mode de vie au quotidien parce que finalement, il existe peu de livres de témoignage en la matière et qu’au-delà de notre handicap visuel, il peut être « rassurant » de se projeter plus loin que le bien connu « d’autres l’ont fait donc pourquoi pas toi ? » « Quand tu seras parents, tu sauras, ça vient tout seul… » C’est aussi ce qu’elle décrit parfois…

Ce livre est notamment disponible dans un format accessible sur Apple Books.

Sarah

7 réflexions sur « Lecture : On ne voit bien qu’avec le cœur, de Maria Doyle »

  1. Bonjour. Je trouve très pratique d’avoir un commentaire sur un livre audio. Je pense que je vais l’acheter. Merci

  2. Bonsoir Sarah à toutes et à tous ! Je n’ai pas encore lu le livre de Maria Doyle ! Mais, j’ai entendu son interview sur Europe 1 ! En tous les cas, si ça vous intéresse, son livre est disponible sur la BN F à ! Merci pour vos partage et à bientôt, amicalement, Joachim

  3. Bonsoir,

    merci pour vos commentaires.

    J’ai aussi écouté le Podcast d’Europe 1, Hondelatte raconte, mais il n’aborde pas du tout la partie mère de famille, dommage… ?

  4. Ce livre a l’air vraiment poignant. Par ce témoignage il nous fait passser un message. C’est l’impression que j’ai eu en lisant le résumé. Sa donne envie de le lire.

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