Handicap visuel et étiquetage d’éléments : Codes-barres et codes QR

Aujourd’hui, je vous propose un petit guide (divisé en deux parties) afin de faire le point sur les technologies ordinaires qui nous permettent d’étiqueter et identifier toutes sortes de choses pour maximiser notre autonomie en tant que personnes déficientes visuelles.

Dans ce contexte, je rappelle que dans le milieu ordinaire, les outils les plus utilisés sont les codes-barres dits linéaires (une suite de barres sombres séparées par des barres blanches pour faire simple), et les codes dits 2D parce qu’ils se présentent davantage comme une matrice de points, dont il existe plusieurs standards dont vous aurez peut être entendu parler, notamment les QR-Codes et les codes DATAMATRIX.

En ce qui nous concerne, le principal attrait des codes-barres linéaires est qu’il contiennent une suite de chiffres, dans la plupart des cas, en particulier dans tous les cas où ils sont sur un produit de grande consommation PGC. Cette suite de chiffre constitue un nombre univoque qui permet de désigner formellement un produit sans risques de confusion et un très faible taux d’erreurs de lecture.
Par conséquent, en exploitant ces codes il nous est possible d’identifier formellement les produits que l’on détient, que l’on consomme ou que l’on souhaite acheter, ce que ne permettrait pas de faire une simple description du type fiche produit, parce que trop de produits différents ont des descriptions voisines les unes des autres.
De même ils permettent l’identification des produits quand bien même on ne serait pas en mesure de lire l’information imprimée qui figure sur leurs emballages.
Exemple, une bouteille de coca d’un litre et demie aura un même code-barres, quel que soit l’endroit où on l’a achetée, que ce soit dans un point de vente physique ou sur le Net, qu’on l’achète en petite surface ou dans la grande distribution.
Une bouteille de coca d’un litre aura un autre code-barres, de même qu’une bouteille de coca 0 d’un litre demie ou un cola quelconque d’une autre marque mais de même contenance…

Ces codes sont de plus en plus normalisés, et permettent sur cette même base d’identifier les médicaments (Code d’identification produit), les livres, CDS, magasines DVD etc., dans ces cas-là ils contiendront le numéro ISSN ou ISBN correspondant au livre, au cd/dvd etc.

Les codes bi-dimensionnels quant à eux, permettent de contenir davantage d’informations, en particulier des signes alphanumériques et plus seulement des nombres. Ce qui revient à dire que l’on peut mettre dans ces codes une véritable légende, la description d’une chose et non plus seulement la référence du produit qui imposait de passer par un logiciel pour associer cette référence à la fiche descriptive du produit.

L’autre avantage de ces codes 2D, c’est qu’ils ont un caractère dynamique, si on y met le n° de tél d’un S A V, l’URL d’une notice d’utilisation au format PDF accessible, dès la capture du code il sera possible d’appeler le Service Après Vente , ou d’ouvrir le fichier pour consulter la notice d’un appareil électroménager par exemple.

  • Un exemple d’application permettant la capture des codes linéaires : YUKA (gratuite).
  • Un exemple d’application permettant la capture et l’exploitation des Codes 2D : QR Voice Sticker (5 €) qui permet même d’associer à un code une description en texte et/ou une description vocale, la description textuelle pouvant diverger de la description orale.

A noter que de ce fait, un sourd aveugle est tout à fait en capacité d’exploiter les QR-Codes pour sa logistique personnelle, pour peu qu’il dispose d’un afficheur braille couplé à l’iPhone, ce que n’autorise aucune des solutions dédiées existantes qui ne repose que sur l’audio quant à elles !

Autre exemple, l’application des impôts (gratuite), à ceci près qu’un aveugle ne pouvant pas apprécier les conditions de luminosité dans lesquelles il se trouve, il est préférable que l’app gère le flash du smartphone ce qui n’est pas le cas de l’app des impôts, empêchant un utilisateur aveugle de savoir si c’est parce qu’il fait trop sombre ou parce qu’il n’est pas passé au dessus du code, qu’il n’est pas parvenu à le capturer.

Le comble, c’est en ce qui concerne les médicaments. Jadis, lorsque la technologie ne permettait pas simplement de les lire, les codes-barres étaient sur la vignette sécu des boîtes de médicaments. Autrement dit sur un endroit parfaitement localisable au toucher.
Aujourd’hui, les codes-barres présents sur les boîtes des médicaments pourraient être très précieux, puisqu’ils renferment la date de péremption et le numéro de lot dont le médicament est issu. Malheureusement et bien que la technologie nous permette désormais de les exploiter, malgré un nouveau droit de signaler individuellement un effet indésirable non répertorié, l’app officielle permettant l’exploitation de ces codes bien qu’exclusivement développée sur plateformes accessibles ne l’est pas quant à elle. Ce qui est d’autant plus regrettable que l’information médicamenteuse est d’ordre public et que la vignette sécu à disparue donc nous n’avons plus aucun repère pour nous aider !

Pour finir avec leur présentation, les codes-barres sont peu encombrants, faciles à imprimer sur presque n’importe quel support, et d’un coût de production négligeable.
Un particulier peut le faire avec une imprimante domestique, notamment en ce qui nous concerne avec une étiqueteuse ordinaire du type Brother, soit à partir d’un PC, ou même directement à partir de l’iPhone en choisissant un modèle Wi-Fi comme la PT-P750W via l’application iPrint&Label (accessible et gratuite). On peut même y dicter via SIRI le contenu qu’on souhaite mettre s’il s’agit d’imprimer des QR-Codes).
En outre, il n’est même pas nécessaire d’être soi-même en capacité d’imprimer des codes-barres afin de les exploiter puisque 99,7% des objets manufacturés en sont porteurs nativement, sur la planète entière…

Idéalement, parce que leurs performances n’ont rien à voir avec celle de l’appareil photo embarqué d’un smartphone (même moderne), il est souhaitable de disposer d’un lecteur optique (imager, douchette, de type Xenon 1900 USB ou 1902 Bluetooth de la marque Honeywell). Mais désormais et même sans douchette, il est possible d’exploiter les codes-barres via l’APN de son smartphone car les progrès ont été considérables ces dernières années.
, par exemple comme mots clés dans les moteurs de recherche type google, parfois directement sur les sites marchands comme Picard surgelés, Houra etc. Ou même sur des sites mutualisant les ODR offres de remboursements, ou via des bases de données collaboratives du type Open Foot facts ou Open Beauty Facts.

Le savez-vous ? Sur un PC il est extrêmement simple de produire soi-même autant de QR-Codes qu’on le souhaite, par exemple par le biais du programme Alternate qr-code générator (accessible et gratuit). De même si vous téléversez un document sur le site Robobraille et qu’il contient des QR-Codes, ceux-ci seront décodés et leur contenu vous sera restitué en toutes lettres !

Pour finir, abordons les limites, ce qui introduira la seconde partie de ce guide à propos de la NFC (Near Field Communication).

Dès lors qu’ils sont imprimés, les codes-barres peuvent être difficiles à lire, s’ils sont salis, s’ils sont imprimés sur des supports malléables, s’ils sont contraints par exemple dans des environnements agressifs comme un lave-linge contenant des produits lessiviels et fonctionnant à haute température. Pour nous en particuliers, ils peuvent également être difficiles à lire s’ils sont difficilement localisables, que certaines conditions de luminosité ne sont pas remplies, par exemple faux jour, ombre projetée sur le code-barres par l’utilisateur, ou inversement reflet provoqué par la lumière du flash d’un smartphone sur un support réfléchissant !

Dans ces contextes nous aurons tout intérêt à exploiter la NFC, dont l’utilisation est un peu plus coûteuse en terme d’exploitation, raison pour laquelle les produits manufacturés périssables ou à usage unique restent dotés de codes-barres…

A bientôt pour la seconde partie de ce guide.

Article rédigé par Olivier, relu et adapté par Kevin.

16 réflexions sur « Handicap visuel et étiquetage d’éléments : Codes-barres et codes QR »

    1. Hello, je pense que pour toi les codes-barres n’ont plus vraiment de secrets, en effet. Mais comme le dit Jamshid, ta garde robe appréciera peut-être également de ne pas être la grande exclue de tes objets personnels, et dès que Kevin, que je remercie pour rendre mon texte plus fluide, aura mis en ligne ce qui concerne la NFC, tu pourras t’essayer à la maîtrise de ce potentiel supplémentaire. Et je ne doute pas que tu partages avec moi et tant d’autres les progrès que ça offre. Bonne continuation

  1. Bonjour, il existe donc des douchette capable de lire les codes barre compatible avec iPhone ? Car lire ces derniers avec la caméra c’est vraiment une prouesse parfois ou un coup de bol

    1. Bonjour Guy et tous. Je ne pense pas qu’on puisse poser le problème comme tu le fais, car en réalité et avant tout, pour utiliser une éventuelle douchette pour capturer les codes-barres dans une application iPhone, encore faudrait-il que l’application ait prévue une zone de saisie dans laquelle saisir manuellement, ou avec une douchette justement, ce fameux code. Or tel n’est pas le cas en général, puisque dans l’idée des développeurs, l’intérêt réside dans la possibilité d’exploiter l’appareil photo embarqué du smartphone. Mais j’ai évoqué YUKA (merci à Gabriel pour l’info) qui donne des résultats surprenants, ainsi que QR-Voice Sticker, dont le développeur a accéder à notre demande en ajoutant dans son appli la gestion du flash de l’iphone. Je n’ai pas fait tous les tests, mais QR-Voice Sticker semble également reconnaître, comme son nom ne l’indique pas, les codes-barres linéaires des PGC. Autrement dit, on aurait une appli qui ressemblerait au pen friend, permettrait les mêmes choses en mieux, n’imposerait pas de matériel supplémentaire que le smartphone pour exploiter les codes-barres, ni-même des étiquettes puisque les codes-barres sont nativement présents sur les emballages, et pour un prix de, 5 EURO ! En tout et pour tout et une fois pour toutes… Cordialement, et bons essais. Olivier

  2. Merci Kevin et merci Olivier,c’est du travail de pro, j’espère que cet article contribuera à démocratiser l’usage de ces nouvelles techno qui nous donnent beaucoup plus d’autonomie au quotidien qu’on peut l’imaginer.
    Je cherche juste des solutions et des personnes convaincues qui pourraient accélérer l’usage d’appli, comme Yuka.

  3. Vos articles sont des plus instructifs malgré que je ne suis pas encore un utilisateur d’un smartphone et I phone.

    Néanmoins, serait t’il possible d’identifier les QR-Codes linéaires des biens de consommations à l’aide d’Open Book ?
    Par ailleurs, l’appareil type douchette permet’il aux personnes avec une déficience visuel ,d’entendre le descriptif du produit scanné ?
    Chaleureux merci de Montréal

    1. Bonjour, je ne connais pas exactement les usages au canada. En particulier, je ne sais pas si les codes-barres utilisés sont majoritairement des codes linéaires, ou des codes 2D. De même je ne sais pas si on utilise davantage le standard UPC, ou si les choses se sont normalisées pour que là-bas aussi on utilise les codes EAN. Toujours est il qu’un bon appareil, comme le xenon 1900, peut parfaitement être utilisé sur la planète entière. Openbook ne permettra pas cette lecture trop aléatoire. Comme le net est international, un des intérêts des codes-barres peut justement être, et merci de poser la question, de nous renvoyer sur des pages web dans notre langue maternelle. Si on est en lalemagne avec un Windows configuré en allemand, Google nous renverra les pages contenant les codes, s’il y en a, en allemand. En France on trouvera en priorité les pages en français. C’est là aussi d’un grand intérêt, parce qu’avec la mondialisation, de nombreux produits sont distribués sur la planète entière, tout en portant le même code-barres…
      Pour les moins dextres qui n’ont pas de smartphone, il est également possible d’exploiter quand même la NFC. J’en expliquerai la méthode en conclusion de ces interventions lorsque Kevin aura mis en ligne la partie relative au NFC via l’iPhone. Cordialement, Olivier

  4. Merci pour toutes ces infos
    Je ne savais pas qu’on pouvait scanner des codes-barres avec un iPhone c’est très impressionnant pour moi ça marche très bien

  5. Dommage , yuka n’est pas dispo sur le store belge
    Quelqu’un pourrait il poser la question au développeur ?

    En ce qui me concerne je voudrais passer au NFC , surtout pour mes vêtement

    1. ça ne pose aucun problème du moment où tu as un iPhone 4S au moins, avec IOS 7 ça marche. Je pourrai te conseiller des puces qui résistent à l’accélération du tambour lors de l’essorage, à la température max de 90° d’un lave-linge, et aux produits lessiviels…
      S’il y avait tout de même une une difficulté, ça serait une difficulté factuelle puisqu’il faut pouvoir coudre les puces sur les vêtements. Mais l’avantage des puces NFC est qu’on peut les mettre en place avant même de les renseigner. Donc, tu commandes un lot qui correspond à la garde robe que tu souhaites étiqueter, puis ensuite tu sollicites une seule fois l’aide d’un tiers pour te coudre toutes les puces en une fois. Après, à ton rythme, tu en renseignes leur contenu… Olivier

  6. Cela fait des années que je rêvais d’avoir la possibilité d’étiqueter mes vêtements pour les assortir de façon autonome, l’élégance oblige. Malgré mon iPhone 7 et IOS 11, je n’arrivais pas encore à lire les puces NFC à cet effet car elles sont livrées non formatées. Grâce aux matériels et appli conseillés par Olivier, aujourd’hui c’est chose possible ; les testes sont tout à fait concluants. Bientôt la garde-robe n’aura plus de secret pour mon iPhone. J’ajoute que depuis plusieurs années, en suivant les conseils d’Olivier, je me sers d’un scaner de code-barres pour identifier les produits de consommation courante, et une étiqueteuse pour faire les codes QR. L’étiquetage des vêtements était le dernier problème, maintenant résolu. Bravo et merci Olivier pour toutes ces recherches.

  7. Je m’en suis trouvé un, mais il n’a pas l’air aussi efficace que le tiens
    Je voudrais ouvrir une parenthèse
    Ça serait génial du moins je crois, d’avoir un endroit où nous pourrions tous Converser ensemble ou du moins vous écrire et vous seul puissiez voir ce que l’on Écrit, mais ça serait dommage que les gens puissent manqué l’information
    Et pour tous ceux qui ne savent pas vivre que vous puissiez les bannir
    Je ferme la parenthèse c’était juste une idée comme cela, en passant vous faites un sacré bon boulot

  8. Bonjour Olivier,
    Quand Julie le commentaire ainsi que l’article, l’application coûterait cinq euros. Par contre quand je clique sur le lien de l’application coûterait 5,49 €, de plus, les langues prise en charge sont Langlais est le Polonais.
    D’où ma question suis-je sur la bonne application. Est-ce que l’interface de l’application est en Français afin que je puisse utiliser car je ne parle pas les langues prise en charge.
    merci d’avance pour votre réponse

    1. Bonjour, l’application est bien celle dont tu parles je donnais un tarif indicatif, un ordre de grandeur. Elle n’est pas traduite en français, peut-être dans une prochaine version? quoiqu’il en soit il n’y a que peu de choses à comprendre, et l’anglais est assez simple, par exemple, flash off, flash on, ^permanent note ou temporary note… Tu peux toujours t’y essayer avec la version gratuite qu’on trouve également sur l’appstore, et qui devrait te permettre de te familiariser avec les fonctions du logiciel plutôt simples. Quant au reste je pourrai te donner un coup de main pour réétiqueter tes boutons en Français si ça peut améliorer les choses…

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